Résumé de la première étape de l’édition 2018 de la Solitaire Urgo Le Figaro

Résumé de la première étape de l’édition 2018 de la Solitaire Urgo Le Figaro

29 octobre 2018 navigation et voile 0

La Solitaire Urgo Le Figaro est une course monotype, sans assistance, au temps, qui se déroule par étapes. Elle se court chaque été entre la Bretagne, le Royaume-Uni et l’Espagne. Chacune de ces étapes constituent une course à part entière. Le classement de chaque étape et le classement général attribuent des points qui comptent pour le Championnat de France Elite de Course au Large en Solitaire. Disputée dans des mers difficiles, où les obstacles et les pièges sont nombreux (courants, écueils, traffic, conditions changeantes de vent et de mer), en stricte monotypie, c’est une course exigeante que ne peuvent espérer gagner que des marins confirmés.

 

La première édition de La Solitaire a eu lieu en 1970. A cette époque elle s’appelait la course de l’Aurore car c’est le journal du même nom qui était l’organisateur. Depuis 1980, suite à la disparition du titre L’Aurore, Le Figaro a repris l’événement, entraînant son changement de nom. A l’origine, tous les types de bateaux pouvaient participer. Cependant, depuis 2003, il n’y a qu’une plus seule embarcation autorisée : le Figaro Bénéteau 2 un bateau technique et particulièrement bien conçu. Ces navires ont été spécialement dessinés pour la course hauturière en solitaire.

Les budgets des participants ne sont pas toujours connus. Mais on estime en général que pour avoir une chance de gagner cette course difficile et prestigieuse, il est nécessaire de disposer d’un budget compris entre 130.000 et 150.000 euros. Un tel budget comprend bien entendu les nombreux mois de préparation à cette épreuve, où l’entraînement demeure essentiel non seulement pour la bonne maîtrise du bateau, mais également pour le marin qui doit conserver toute sa lucidité malgré le manque de sommeil et les conditions souvent rudes.

Le départ de la course a toujours lieu en France depuis son origine et s’étale sur un parcours compris entre 1500 et 2000 miles. Cependant, elle fait escale chaque année dans des pays proches (Espagne, Irlande, Grande-Bretagne). Cette année, elle s’arrête à Ria de Muros-Noia en Espagne. Retour sur la première étape de l’édition 2018 de la Solitaire Urgo Le Figaro avec Christophe Bejach, un passionné de voile et de course au large.

 

Une première étape intense racontée par Christophe Bejach

La première étape a été lancé le 26 août 2018 à 13h. Les 32 marins de l’édition 2018 se sont élancés du Havre, pour arriver le 29 août à Saint-Brieuc. L’ultime sprint a eu lieu aux alentours de midi au passage de la bouée Grande-Basse Portsall.

A 90 miles de l’arrivée, les 29 coureurs encore en course ont reçu une annonce de la direction leur annonçant une réduction de parcours d’environ 70 miles sur les 543 du tracé initial, pour cause de vent mollissant, en fort contraste des conditions ayant prévalu lors de la première partie du parcours. Ce retournement de situation a rebattu les cartes entre les participants. Même si cette nouvelle a été appréciée par certains, les leaders de la course ont sans doute été agacés.

Gildas Mahé (Breizh Cola), premier à la bouée Pullar en Angleterre, s’est vu rattrapé par ses concurrents. Même frustration chez Corentin Douguet (NF Habitat) qui a vu ses espoirs de victoires s’effondrer. Cette première étape a d’ailleurs été marquée par les abandons de trois skippers dont celui de Gildas Mahé, en raison de conditions météo difficiles dans le sud de l’Angleterre qui a endommagé plusieurs bateaux. En fin connaisseur, Christophe Bejach nous fait savoir qu’il ne s’agit que de l’abandon de l’étape et non de la course. Les trois skippers pourront ainsi prendre place sur la ligne de départ de la seconde épreuve en direction de l’Espagne, même si leurs espoirs au classement général final devront probablement être revu à la baisse.

Cependant certains participants ont su tirer parti de ces conditions difficiles et du raccourcissement de l’épreuve. Ainsi, Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire), second à la bouée Pullar, est parvenu à terminer la course à la première place en 3 jours et près de 10 heures, en devançant de 3 min 6 sec Thierry Chabagny (Gédimat) et Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) de 3 min 38 sec.