La voile gonflable, une nouvelle innovation pour le secteur nautique

La voile gonflable, une nouvelle innovation pour le secteur nautique

29 octobre 2018 navigation et voile 0

Le secteur de la voile a connu de nombreuses innovations au cours des temps. Originellement construits en bois, les bateaux se sont vus doter de coques en matières plastiques à base de résines renforcées de fibres de verre. Les coques se sont renforcées, sont devenues plus faciles à entretenir, et la production en grande série a permis une baisse des prix des navires, comme le rappelle Christophe Bejach, passionné de voile et navigateur lui-même depuis 40 ans. Les gréements se sont simplifiés grâce à la fois aux progrès des matériaux (plus solides, plus simples) et à ceux de l’architecture navale. Les matériaux composites à hautes performances ont, pour finir, atteint les voiles depuis un certain nombre d’années, leur conférant résistance, légèreté, durabilité et performances.

Cependant, une autre innovation vient de pointer le bout de son nez, et pourrait très bien connaître un important développement dans certains segments du monde de la navigation à voile : la voile gonflable.

 

Une innovation originale

Cette aile, à mi-chemin entre une aile d’avion et celle d’un parapente, a été imaginée par Edouard Kessi, vainqueur du Bol d’Or et par son ami Laurent de Kalbermatten. Encore à l’état de prototype, cette voile compte pourtant bien relancer l’intérêt de la navigation.

D’après son créateur « le projet représente l’union de technologies utilisées dans l’aviation et la navigation maritime, explique Edouard Kessi. Les bateaux de la Coupe de l’America utilisent déjà des ailes d’avion en guise de voiles, mais notre système est plus simple et beaucoup moins cher à exploiter. »

L’aile se gonfle et se dégonfle toute seule et mesure environ 11 mètres de haut. Comme l’explique Laurent de Kalbermatten, l’inventeur du parapente dans les années 80, deux turbines injectent de l’air en continu à l’intérieur de la voile. De plus, un mât télescopique se déploie automatiquement à l’intérieur de l’aile. Ces spécificités permettent de naviguer à la même vitesse que les bateaux à voile traditionnels.

En plus de posséder un profil encore plus aérodynamique, la voile est capable de s’autogérer. C’est-à-dire qu’il suffit juste de gérer sa position dans le vent, comme sur un voilier traditionnel, toute la technologie liée au gonflage étant automatique.

 

Une innovation destinée moins à la voile-passion qu’aux croisiéristes ou navires marchands

Le but des deux amis et de commercialiser cette voile et, à l’avenir, de vendre le concept à de gros navires de croisière. Car ce projet possède, pour les gros navires de croisière, des avantages indéniables. Certes les puristes de la navigation à voile, comme Christophe Bejach, regretterons le fait que la voile se dirige toute seule face au vent. Mais pour les grandes unités qui cherchent un appoint de propulsion grâce au vent, disposer de voiles plus efficaces et auto-manoeuvrées peut s’avérer important.

 

Souhaitons aux inventeurs de la voile gonflable le même succès qu’avec la technologie des voiles de parapentes. Ces deux passionnés n’en sont pas à leur coup d’essai et ont déjà démontré la pertinence de leurs analyses et de leurs créations originales.